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Le vrai visage des gens

Un jour,sur la route,sa voiture arencontréunpoteau。 Nicole le ditcommeça。 Pas grand-chosenàsauverdelatôle。 Le garagiste demandequandmême,avant d'envoyerlesdédrisàlacasse。 En fait,si,il ya bien untrucàrécupérer,et elle passera le prendrepourdécore儿子nouveauvéhicule。 «Je boycotte LU-Danone»,des lettres rouges sur fond jaune,les couleurs dufootàCalaiset,par extension,de la ville。 Six ans plus tard,Nicole adoncdûchangerde voiture,elles'estcoupélescheveux(«c'est pour passer incognito»,raille-t-elle quand on le lui fait remarquer),mais elle boycotte LU-Danone,再来一次。

Des感到遗憾? Pas le moindre。 Delafierté? Guèreplus,au fond。 Mais des纪念品,NicolePiérié,前加勒比企业联合会,en paquets,compresséscommedes sculpturesdeCésar。 Avec le temps,aprèslafermeturemalgrétoutde l'usine en 2003 et le licenciement,un an plus tard,desderniersslariés,les urgences de la survieontconsacréladéfaitedel'轶事。 «在fait tellement de choses que,parfois,les images deviennent un peu floues»,s'excuse-t-elle par avance。 Au moment de se lancer dansleurgrève,les«P'tits LU»de Calais n'ont rien - calculé。 Commes'ilséyétaientjetéininstinctivement。 «Lejouroùl'ononceofficielle de la fermetureesttombée,在estpassésdansles ateliers,seremémoreNicolePiérié。 Et sur notre passage,on voyait lesmachiness'arrêterlesunesprèslesautres。 Auxpétrins,les gars,ils connaissaient bienlesconséquences:aveclapâtequiallaitsécherdansleurs cuves,ils savaient qu'ils allaient devoir y aller au marteau lejouroùilfaudraitreprendre,mais ils s'en fichaient。 Il fallait que l'usines'arrêteurle le champ。 »

Dans les semaines qui suivent,au coeur delagrève,la syndicaliste CGT(la seuleorganizationprésentedansla biscuiterie de Calais)fait,comme tous les autres,unedécouverte:«Tu travailles avec des gens depuisdesannéesettu ne les connais pas du tout,en fait。 Comme ils ne sont pas vraiment avec le syndicat,mais qu'ils ne sont pas contre non plus,tu ne les vois jamais。 Et puis,il ya un gros coup dur qui survient,quand on est poursuivis par l'huissier de la direction jusque chez nous,quand onestconvoquésautribunal ou encore,plus tard,quand onm'obligeàpundreremon stylo pour signer ,enproctésecétaireduCE,unprocès-verbal quiconduitàlafermeture de l'usine。 Ce sont des trucs d'une暴力inouïe,çanene devrait pas exister ... Et,pour beaucoup,les copainssontlà。 Grâceàlagrève,ons'estapeçusqueçafaisaittrente ans qu'on se connaissait pratiquement tous,maisqu'envéritéonétaitocenéslesunsàcôtédesautres。 C'est dans ces moments-là,quand c'est difficile,qu'on voit le vrai visage des gens,pour le meilleur et pour le pire。 J'aiétéétonnéedetoutecettesolidarité。 »

De toute la France,des centaines de lettres de soutien富裕的l'usinepostée。 Tous les soirs,jusque tard dans la nuit,Nicoles'installeàtableavec son mari et,àdeux,ils mettent un point d'honneuràrépondreàchaqueenvoi。 «Il y avait des courrierstellementémouvantsqu'onne pouvaitpasréagirsanss'investirànotretour,détaille-t-elle。 Je me souviens de cettelettreoùunefemmeavaitécritdanstous les coins du papier et,dans l'enveloppe,elleavaitglisséunbillet de vingt francs。 Elle n'avait pas d'agent,nous disait-elle,mais elle avaittenuàfairece geste。 Vingt francs,çadevaitlui faire au moins deux repas。 这是一个很好的社交网络,我可以看到一些自己的网站,一个完整的网站,一个有趣的网站,一个有趣的网站...»

Troiscoupsàlaporte。 Françoise,une copine de Nicole depuis des lustres,elle-mêmeex-déléguéeCGTde LU Calais,passe juste dire bonjour。 «J'aitravaillétrente-quatre ans dans l'usine et,aujourd'hui,je me retrouve avec une bulle,zérosurle compte en banque,témoigne-t-elle。 J'ai eu vingt-trois mois d'ASSEDICprèsmonlicciement,un sans rienetlàj'airetrouvéuncontrat d'companagnement dans l'emploi(CAE)pour faire les sorties d'école。 »Nicole est un tout petit peu mieux lotie:comme elle avait cinquanteanspasséslosde son licenciement,elle a encore droit auxallocationschômage,et elle occuppe un emploiadministratifàtepspartiel pour le syndicat。 «Quand on perd son boulot,on est exclu de tout,dénonce-t-elle。 在perd le salaire,les primes,les petits avantages du CE。 Il ya des malades,desménagesquise brisent,des mecs quisombrentomplètement。 Un de mes copains de l'intersyndicale de Ris-Orangis medisaitrécemmentqu'ilconnaîtdesex-ouvriers de LU qui finissent SDF,sous les ponts。 Dans les services de l'emploi,on re revevefaceàdesjeunes qui ne connaissent rien au travail。 在ne demande pas des courbettes,mais un peudeconsidérationquandmême:onbossédéjàetDanone nous a mis dehors pour augmenter ses marges faramineuses。 在n'est pas des moins que rien。 C'est comme si aujourd'hui le seul droit qui nous restait,c'est celui d'avoir des emmerdes。 »

Thomas Lemahieu